HISTOIRE DE TETEGHEM

 

Téteghem est l’une des communes se terminant en "HEM". Ce suffixe signifiant demeure, habitation, village…est devenu "GHEM". "TÉTE" viendrait d’un ancêtre du nom Tatto, peut-être de Théodore ou Théodoric, personnifié par le géant de la commune.

Téteghem allait jusque la mer, sa superficie était de 1924 hectares de laquelle il faut retirer le territoire du Rosendal, devenu Rosendaël en 1860 et celui de la place d’Uxem, rattachée à Uxem en 1996. La superficie est donc passée à 1884 Ha.

Deux canaux se situent sur la commune : celui de Furnes, construit en 1638, qui deviendra la frontière entre Téteghem et Rosendaël et celui des Moëres, domestiqué en 1620 par Goberger pour amener les eaux des basses terres à la mer. De ce fait, de nombreux watergangs sillonnent nos terres.

Au rythme de la transgression marine, les alluvions viendront colmater les voies d’eau ; des dunes se créeront et des proéminences se formeront où les peuplades viendront s’installer.

ancien_moulin
briqueterie_degroote
eglise
pont_charrette
usine_chapeau rouge
 

Nous sommes aux environs des X et XIèmes siècles. Le territoire dépend de la puissante châtellerie de Bergues jusqu’à l’annexion du territoire avec le rachat de la Flandre aux Anglais par Louis XIV en 1662. Téteghem dépendra alors de Dunkerque.

De nombreux combats se dérouleront sur notre commune, sur le hameau du Rosendaël pour la conquête de Dunkerque : 1324, 1383, 1567, 1583, 1646, 1658, 1668, 1742, 1793, 1804, 1914 et la toute dernière, qui a fait de nombreux ravages sur toute notre commune, celle de 1939/1945 (Voir Histoire de Téteghem des origines à l’aube du XXIème siècle).

La commune est entourée, outre Rosendaël, devenue Dunkerque en 1972,  par les communes de Coudekerque (devenue Coudekerque-« Village » et Coudekerque-Branche en 1789), Hoymille, Warhem, Uxem et Leffrinckoucke. Elle a été très longtemps une cité rurale. La presque totalité de la surface était occupée par des champs et  des fermes. Il faudra attendre le début du XIXème siècle, pour voir arriver des activités industrielles.

 

Vu la proximité du canal de Furnes, c’est tout naturellement que celles-ci  s’établiront route de Furnes au lieu dit « Chapeau Rouge ». Les péniches, seul moyen important de transport de l’époque, venaient  s’accoster sur ses berges.

C’est vers 1834 qu’une première usine de sucre indigène (du pays) s’installera tout en posant des problèmes chez les agriculteurs qui voyaient là un exode possible de leurs ouvriers pour aller travailler à la « fabrique ».

Une autre usine considérable avec cité ouvrière verra le jour dans le même quartier: une filature. C’était la filature de jute de Monsieur Cuénin avec de nombreux métiers, employant plus de 500 personnes. Le jute était très employé autrefois pour la confection de sacs utilisés surtout par le port pour le conditionnement de produits volatiles mais aussi pour les céréales, les pommes de terre et le charbon par exemple. A la fermeture, peu avant la dernière guerre, les locaux seront repris par l’entreprise Ayello pour y fabriquer des fils et filets de pêche jusqu’en 1994.

D’autres industries s’installeront sur le territoire :

  • une distillerie, route de Coudekerque
  • quatre briqueteries (la plus célèbre sera celle de la famille Degroote dont un quartier garde le nom) : route de Furnes et route de Coudekerque 
  • deux sécheries de chicorée: au « village » puis route de Coudekerque ;  l’autre route de Furnes. 
  • quatre brasseries

L’artisanat était très présent avec tous les métiers dus à l’agriculture comme les charrons, forgerons et autres bourreliers, étalonniers…

Le commerce de détail et les innombrables cafetiers complétaient cette population qui n'a guère évolué, se situant très souvent aux environs de 1 600 habitants.

 

En ce qui concerne les monuments, seule l’église qui datait du XVème siècle, relevait le patrimoine architectural de la commune : c’était une hallekerque (église à trois nefs identiques).

Une chapelle, reconnue depuis le XVIème siècle, est dédiée à Notre Dame des Neiges.

Selon la tradition, la Vierge Marie serait apparue sur un mont de neige un 5 août de l’année 1565. Depuis ce temps, une vénération y a toujours été portée avec neuvaine célébrée aux alentours du 5 août de chaque année.

Un château aurait existé mais les éléments actuels ne permettent pas d’en définir la position.

Trois moulins à vent dressaient leurs ailes dont les deux derniers disparurent aussi lors des combats de 1940. Un quatrième moulin, invisible, était à vapeur. Il se situait à l’endroit de la Meunerie, restaurant qui a gardé les restes des engrenages en exposition dans le salon d’accueil.

Un autre édifice remarquable était celui de la Mairie. Il a été construit en 1870, réceptionné le 14 février 1872. Un élégant campanile, muni d’une horloge, se dressait sur cette mairie qui a été détruite, comme beaucoup de maisons, durant la guerre entre 1940 et 1944. L’école des garçons y était adjointe, celle des filles se situait derrière l'église.

 

L’évolution de la population se fera au hameau du Rosendaël avec l’apport de pêcheurs, de maraîchers, de jardiniers qui viendront s’installer. Les difficultés d’accès au « village » feront que les habitants demanderont leur autonomie.

Après l’érection d’une paroisse par un décret de 1842, la séparation aura lieu par un procès verbal du 31 mai 1860. La population qui était passée aux environs de 2 500 âmes est retombée à peu près à 1 600. Il faudra attendre les années 1970 pour voir une évolution spectaculaire avec l’urbanisation du quartier du Chapeau Rouge et du centre du « village »

 

La physionomie de la commune a grandement évolué. Si les routes principales n’ont pas été modifiées, de 15 rues à l’époque, la commune est passée, en 2006, à 110 rues et allées.

Deux places, dont celle de la Mairie et quelques placettes, complètent ce maillage important de la commune.

Il faudra attendre les années 1960/1962, pour voir se reconstruire la Mairie, l’église, la poste et voir revivre le Téteghem que nous connaissons aujourd’hui.

Deux monuments rappellent les souffrances de la commune, celui des morts des guerres 1914/1918 et 1939/1945 et celui de la 32ème DI en mémoire de ce régiment qui s’est glorieusement comporté lors des événements de mai juin 1940. La grotte de Notre-Dame de Lourdes, qu’un soldat a faite construire pour être sorti vivant de cette furie des hommes, est aussi un souvenir de ces moments.

  

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Fait à Téteghem le 23 mai 2006

Joël Guerville

Mairie de Téteghem, Grand Place, 59229 Téteghem Tél : 03 28 58 87 87


Mairie de Coudekerque-Village Rue Géry Delattre 59 380 Coudekerque-Village 03 28 64 79 87

/* Ville de Téteghem */